L'Initiative a été engagée au milieu de l'année 1998 dans le cadre de la préparation du Projet de Mobilité Urbaine du Sénégal (SUMP) qui comprenait une étude sur les coûts externes du système de transport urbain de Dakar. Cette étude a clairement démontré l'impact néfaste de la pollution atmosphérique en milieu urbain. La décision fut alors prise de procéder à une étude de cas précise sur la pollution atmosphérique à Dakar, puis d'organiser un séminaire de prise de conscience nationale. Ce fut l'occasion de lancer officiellement l'Initiative sur la qualité de l'air en Afrique sub-saharienne (Dakar, décembre 1998) comme partie intégrante d'un effort de collaboration entre la Région Afrique et l'Institut de la Banque mondiale (WBI), ce dernier agissant dans le cadre de son programme mondial pour la qualité de l'air.
L'Initiative concentre ses efforts sur les grandes villes d'Afrique sub-saharienne qui connaissent depuis de nombreuses décennies une croissance urbaine galopante et soutenue. Selon les études menées depuis 1998 à Dakar (Sénégal), Ouagadougou (Burkina Faso), Cotonou (Bénin) et Abidjan (Côte d'Ivoire) la perte de croissance économique engendrée par la pollution atmosphérique en milieu urbain s'établit entre 1,8% et 2,7% du PIB. Si aucune réaction rapide n'était prise, elle devrait sensiblement s'alourdir en raison de la croissance de la population urbaine et d'un taux de motorisation en progression.
L'Initiative sur la qualité de l'air a été conçue selon le principe de la stratégie urbaine globale de la Banque mondiale : proposer un programme de travail incluant à la fois les gouvernements nationaux et locaux pour un développement durable des villes. Cette approche reste également fidèle aux objectifs des unités sectorielles FPSI et PREM de la Banque mondiale qui visent à faire reculer la pauvreté par une progression de la croissance économique et le développement du secteur privé ainsi qu'à améliorer la santé et le bien-être des populations démunies en milieu urbain. L'Initiative repose également sur un vaste partenariat lié à la fois avec le secteur privé (les industries pétrolière et automobile, les transporteurs et mécaniciens locaux) et les associations locales et groupes communautaires.
Les principaux objectifs de l'Initiative sont :
- La sensibilisation des acteurs aux dangers de la pollution atmosphérique urbaine, principalement pour les populations à risque comme les enfants et leurs mères, les vendeurs de rue et les piétons, et la prise de conscience des conséquences des choix faits en matière de véhicule ou de carburant;
- L'évaluation des émissions des véhicules, de la qualité de l'air, de l'exposition à la pollution et ses effets et le contrôle des évolutions au fil du temps;
- L'identification des mesures les plus rentables, efficaces et applicables visant à transformer les parcs automobiles, les carburants et la gestion de la circulation;
- La formulation, la mise en ceuvre et le suivi de l'impact des Plans d'actions sur la qualité de l'air destinés à diminuer la pollution. Cela comprend l'établissement d'objectifs clairs, quantifiables et imposables pour la réduction des polluants. L'élimination du plomb dans l'essence en Afrique sub-saharienne a été établie comme première priorité par l'ensemble des partenaires;
- Le renforcement du degré d'expertise locale sur la pollution atmosphérique et la contribution au développement d'un réseau d'experts dans ce domaine.
- Elaboration d'études relatives à l'impact de la pollution atmosphérique dans les villes sélectionnées
- Organisation de séminaires nationaux
- Assitance à la préparation d'une stratégie nationale ou locale
- Renforcement de l'expertise locale en termes de pollution de l'air
- Dissémination de l'information au niveau régional
- Mise en place de banques de données de la pollution atmosphérique
Franck Bousquet, Chargé de programme Specialiste senior en finance
Banque mondiale, Region Afrique
Eleodoro Mayorga-Alba
Lead Petroleum Economist
Banque mondiale, COPCO
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